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La Piraterie maritime - Droit, pratiques et enjeux

Entre mai 2012 et mai 2013, aucun navire n'a été capturé par des pirates somaliens. Le dernier à l'avoir été au cours de cette période, le tanker MV Smyrni arraisonné le 12 mai 2012, a été restitué onze mois plus tard à son propriétaire contre une rançon de 15 millions de dollars.

Les succès enregistrés dans l'Océan indien, à mettre au crédit des forces navales internationales et des équipes de protection embarquées (EPE), sont indéniables. D’ailleurs, dans un calcul un brin cynique, le Danois Thomas Winkler, du Contact Group on Piracy of the Coast of Somalia, estime l’effectif des pirates somaliens à 3 000 hommes et se félicite du fait que « si l'on met dernière les barreaux un millier d'entre eux et que 300 ou 400 autres meurent en mer chaque année », cette ressource humaine va rapidement s’épuiser.

Toutefois, selon le Professeur Jean-Paul Pancracio et le journaliste Philippe Chapleau (animateur du blog Lignes de défense), en raison d’une menace persistante, l'éventualité de nouvelles attaques continuera à mobiliser certaines forces navales internationales et à contraindre les armateurs au recours à des prestataires privés pour assurer la protection des navires et des équipages. 

Malheureusement, les contraintes budgétaires pénalisant les forces armées occidentales risquent de réduire la présence navale européenne au profit des flottes chinoise, indienne ou même pakistanaise. Les armateurs sont, en outre, tentés de faire appel à des entreprises de sécurité asiatiques ou africaines aux tarifs plus attractifs.

Dans cet ouvrage rigoureux et prenant de la hauteur de vue, les auteurs mettent en perspective la problématique de la lutte contre la piraterie maritime, en présentant l’arsenal juridique, technologique et humain, ainsi que les moyens financiers  et matériels mis à disposition des États côtiers et des compagnies maritimes. Car, comme le souligne Andrew Shapiro, le secrétaire d’État américain chargé des affaires politico-militaires, la piraterie demeure une menace et pas seulement dans le golfe d’Aden (on pense naturellement au golfe de Guinée où sévit le brigandage maritime…).

Mais, comme le reconnaissent les auteurs, les actions multilatérales et préventives, qu’elles soient politiques ou tactiques, ont leur limite.

La piraterie maritime - droit, pratiques et enjeux, de Philippe Chapleau et Jean-Paul Pancracio, Éditions Vuibert (2014), 225 pages, 25 euros

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Olivier d'Auzon

Est juriste, consultant auprès de la Banque africaine pour le développement, de la Banque mondiale ou encore de l'Union européenne. Il a participé à la rédaction de "L'Afrique des nouvelles convoitises" (Ellipses, 2011) et est l'auteur de plusieurs ouvrages juridiques.

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