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Interview du secrétaire général du CSRM

Conférence du contre-amiral de Roquefeuil sur l'avenir de la réserve (Nice - 3 nov. 2012) Conférence du contre-amiral de Roquefeuil sur l'avenir de la réserve (Nice - 3 nov. 2012) Crédit photo / Ville de Nice

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Les problèmes budgétaires sont parfois dus à une mauvaise utilisation des ressources financières au sein de certaines unités. Il semblerait en effet que le « copinage » conduise, de temps en temps, à l’attribution de 120 jours annuels de réserve à d’anciens militaires d’active ayant basculé dans la réserve, au détriment des « autres » réservistes. Comment faire en sorte que de telles pratiques ne puissent se reproduire ? Les unités doivent-elles rendre compte a posteriori de l’utilisation effective des fonds alloués à la réserve opérationnelle ?

Il n’y a pas de contrôle a posteriori. Je sais que le copinage existe, mais cela ne concerne que quelques cas isolés et les armées ont décidé de recentraliser la gestion pour éviter les abus. Il est vrai que d’anciens militaires sont affectés pendant 120 ou 150 jours, mais sur des missions conjoncturelles et importantes pour les armées. Certaines missions durant trois, quatre ou cinq mois ne peuvent être confiées qu’à d’anciens militaires parce qu’elles nécessitent une expérience et une connaissance militaires. Cela n’a donc rien d’anormal.
 
S’il est vrai que, lorsque l’on donne 120 ou 150 jours à quelqu’un, on prive cinq autres réservistes de vingt jours, il est indispensable de faire preuve de pondération et de songer à l’intérêt de l’institution militaire. La réserve n’est pas faite – il ne faut pas l’oublier – pour faire plaisir à des citoyens ; elle doit d’abord répondre à un besoin militaire. Même si nous devons faire en sorte que le lien armée-nation soit le plus étendu possible, la finalité de la réserve est bien de renforcer les capacités des armées et, quelquefois, faire appel à un ancien militaire n’est pas forcément une mauvaise option. Mais je ne conteste pas qu’il faille lutter contre toute tentative de copinage et aller dans le sens de l’efficacité.

Dans une interview que vous avez récemment accordée à un confrère, vous aviez évoqué une piste de réflexion sur un bénévolat partiel des réservistes opérationnels, piste qui aurait été au final abandonnée. Pour quelles raisons ?

Les réservistes opérationnels signent un contrat, semblable à un « contrat de travail ». Lorsqu’ils sont employés dans le cadre de ce contrat, ils sont rémunérés à hauteur de leur grade et de l’activité effectuée. Je crois que là-dessus il faut être parfaitement clair et la DRH du ministère de la Défense – lorsque je lui ai posé la question – m’a dit qu’il n’y a pas de raisons de déroger à cette règle. C’est clair pour tout le monde : lorsqu’il y a une convocation d’un réserviste pour une action dans le cadre de la réserve militaire, il est rémunéré.

Toutefois, il arrive que des réservistes demandent d’eux-mêmes à effectuer certaines activités très particulières (relations publiques, formation individuelle, etc.). Dans ce cadre bien précis, nous pourrions envisager un bénévolat après accord entre les deux parties. Mais cela doit rester exceptionnel, vu au cas par cas et parfaitement encadré par l’autorité militaire. Je ne veux pas que le bénévolat, qui a été présenté de façon un petit peu abusive dans des articles de presse, soit considéré comme une volonté du ministère. Il n’en est rien et je souhaite être très clair là-dessus. Certains réservistes souhaitaient aller vers cette voie parce qu’ils avaient peur de ne pas pouvoir faire suffisamment d’activités. Ces demandes m’ont été remontées par des membres du CSRM. J’ai alors questionné les services du ministère en demandant quelles étaient les pistes que l’on pouvait ouvrir dans ce domaine-là, tout en étant moi-même convaincu qu’il n’y avait pas de pistes sérieuses à ouvrir sur le bénévolat.

Il est actuellement très difficile pour un réserviste opérationnel de changer d’affectation, étant donné l’opacité des règles de mutation au sein de la réserve. À cela s’ajoute les problèmes budgétaires qui n’incitent pas à la mobilité. Existe-t-il une véritable politique RH en matière de réserve ? Par qui est-elle menée ? Les armées gèrent-elles en totale autonomie leurs réservistes ?

Nous sommes conscients des lourdeurs administratives actuelles. Une première étape a été franchie par un groupe de travail en 2009-2010, qui a conduit à un nouveau décret sur la simplification administrative. Celui-ci devrait bientôt sortir et apporter une réelle souplesse en termes de signature de contrat, de mobilité, de possibilités de mise pour emploi, etc. La situation est en train de s’améliorer.

À côté de cela, suite à ce qui a été écrit dans le livre blanc sur la nécessité d’allégement des procédures administratives, des groupes d’études ont été montés sous ma présidence et viennent de rendre leurs premières conclusions que je suis en train de transmettre au cabinet du ministre. Un suivi sera mis en place. Nous sommes tous conscients, tant pour la phase de recrutement que pour la phase d’activités, que le système est trop lourd et pénalisant pour le réserviste : il demande beaucoup de démarches et ne facilite pas le passage d’une unité à l’autre. Par exemple, ce n’est pas choquant d’imaginer qu’un réserviste avec un seul ESR puisse effectuer dix jours dans une unité et dix jours dans une autre. Nous y travaillons et cela fait partie de notre plan d’action.


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Jean-Philippe Elie

est journaliste et auteur.

Secrétaire national (Front démocrate) à la défense et à la sécurité

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