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Égypte : les Russes passent à l’offensive

Le Caire est intéressée par l'achat de chasseurs russes SU-30 Le Caire est intéressée par l'achat de chasseurs russes SU-30 Crédit photo / Toshiro Aoki (www.jp-spotters.com)

Alors que Washington, principal bailleur de fonds du Caire, a décidé de réduire partiellement son assistance militaire en raison de l'instabilité et de la répression consécutives au « coup d'État » du 3 juillet dernier contre le président élu Mohamed Morsi, la Russie n’a pas attendu longtemps pour passer à l'offensive, profitant du retrait temporaire des États-Unis du marché de l'armement égyptien.

Prônant désormais une politique extérieure multivectorielle, Le Caire entend renouer des relations privilégiées avec Moscou. « Nous plaidons pour un monde multipolaire. Nous souhaitons également relever le niveau de nos relations avec la Russie », a déclaré le ministre égyptien des Affaires étrangères Nabil Fahmi.

Dans les faits, ce rapprochement s’est traduit par des négociations russo-égyptiennes au Caire entre les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des deux pays. Il s'agit d’ailleurs de la première visite du ministre russe de la Défense depuis 40 ans. Une attention particulière a été portée aux exportations d'armes russes à l'Égypte. L'ensemble des contrats pourrait atteindre quatre milliards de dollars (certains experts parlant plus vraisemblablement d’un milliard).

À l’heure actuelle, près de 60 % de la défense antiaérienne égyptienne est d'origine russe. La république arabe, qui possède des MiG-21 obsolètes, s’intéresse surtout aux chasseurs Su-30, aux avions d'entraînement et de combat Iak-130, aux hélicoptères de transport Mi-17, aux vedettes lance-missiles ainsi qu’aux systèmes antiaériens. « Je pense qu'ils n'auront pas suffisamment d'argent pour les S-300, dont nous avons nous-mêmes besoin. Les Égyptiens ont déjà reçu les systèmes de courte et moyenne portées Tor-M2 et Buk-M2. Par le passé ils en achetaient à doses homéopathiques par manque de moyens, aujourd'hui ils peuvent en acquérir un plus grand nombre. Bien sûr, nous aimerions également leur vendre des chasseurs MiG-29 », a déclaré Rouslan Poukhov, Directeur du Centre d'analyse stratégique et technologique et membre de la délégation russe.

Selon Mikhaïl Marguelov, président de la Commission pour les Affaires internationales du Conseil de la Fédération (la chambre haute du parlement russe), « [Moscou et le Caire] travaillent à la formation d'une base juridique pour leur coopération militaire et technique suspendue à l'époque du président Sadate. Nous fournirons à l’Égypte pour deux milliards de dollars d'armements récemment refusés par les États-Unis ».

Aujourd'hui, plus que jamais, la Russie signe son grand retour en Afrique et au Proche-Orient. Elle a en ligne de mire la reprise des échanges économiques et commerciaux avec plusieurs pays, dont la Syrie, la Libye, Israël, l'Arabie saoudite et la Jordanie.

Crédit photo / Toshiro Aoki (www.jp-spotters.com)

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Olivier d'Auzon

Est juriste, consultant auprès de la Banque africaine pour le développement, de la Banque mondiale ou encore de l'Union européenne. Il a participé à la rédaction de "L'Afrique des nouvelles convoitises" (Ellipses, 2011) et est l'auteur de plusieurs ouvrages juridiques.

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