En naviguant sur notre site Internet, vous acceptez l'utilisation de cookies qui assurent le bon fonctionnement de nos services.
Cliquez sur le bouton Plus d'information pour obtenir une aide détaillée sur le paramétrage des cookies dans votre navigateur Web.

L’Europe et sa défense militaire Spécial

Claude-France Arnould, directrice exécutive de l’Agence européenne de défense (Munich 2012) Claude-France Arnould, directrice exécutive de l’Agence européenne de défense (Munich 2012) Crédit photo / Kai Mörk

Index

Peut-on en effet se contenter de ce qui est énoncé au titre de la « défense » par Michel Barnier, ce qui montre l’ignorance sur ce qu’est l’autonomie stratégique et sur ce qu’est une défense « militaire » et aux moyens à donner : « Par exemple des bateaux hôpitaux, des moyens pour la cybersécurité, des avions de transport stratégique (…), des canadairs (contre les feux de forêts), des bateaux capables de pomper le pétrole en haute mer en cas de catastrophe… »

En suivant cette logique, les menaces militaires pour l’Europe sont sans doute inexistantes. Les missions de défense retenues par l’Europe pourraient se limiter à des missions de sécurité civile en Europe et de police par des forces de gendarmerie à l’extérieur. D’ailleurs la politique de sécurité et de défense commune instaurée par le traité de Lisbonne en 2007 se donne pour missions la gestion des crises hors du territoire européen pour le maintien de la paix, la prévention des conflits, le renforcement de la sécurité internationale bien qu’une clause de solidarité ait été introduite. La dimension militaire est plutôt limitée et inconsistante.

Enfin, les deux documents sur l’Europe de la défense montrent que l’Union européenne ne recherche que la diminution des dépenses militaires. Il est vrai que la démographie, la vision marchande, la crise économique voudraient des économies. L'Europe représentant 7 % de la population mondiale, 25 % du PIB mondial mais … 50 % des dépenses sociales mondiales doit faire un choix et définir ce qu’est la puissance européenne, bien loin d’un simple « soft power ». Le smart power (ou « juste puissance ») évoqué peut-il donc s’affranchir dans le futur de la puissance militaire pour préserver sa richesse économique et ses dépenses sociales ?

En relisant Beaufre: que faire ?

Ce qu’écrivait Beaufre est déjà éclairant et je reprends volontiers une partie de ses réflexions ou de ses propositions : « Il faut reconnaître que le problème de la défense commune de nations différentes ne peut se résoudre de façon satisfaisante que sous la pression d’un danger évident et immédiat ou bien dans le cadre d’une politique réellement commune jouissant d’une cohésion commune (…). C’est dire que l’organisation d’une défense commune européenne passe par l’organisation d’une Europe plus ou moins structurée ».

Il avait identifié trois « problèmes techniques » pour développer la sécurité européenne :

  • le rôle des armes nucléaires en développant et en organisant la combinaison des forces nucléaires française et britannique, mais « les décisions resteraient nationales »,
  • le rôle des forces classiques,
  • le rôle de la défense territoriale de l’espace géographique européen.

Le rôle du nucléaire militaire ne peut être discuté aujourd'hui. C’est un fait que les Européens ne peuvent remettre en cause d’autant que le Royaume-Uni etla Franceont la volonté de préserver cette garantie nationale ultime.

Sur les forces classiques, Beaufre demandait que « les forces européennes occidentales soient coiffées par un commandement européen occidental éventuel, disposant d’un état-major européen très réduit (…) dont le rôle serait de fixer la doctrine stratégique et d’organiser la coopération éventuelle des forces nationales nucléaires et classiques des pays européens entre elles ainsi qu’avec les forces de l’est ou de l’ouest ».


Évaluer cet élément
(0 Votes)
François Chauvancy

Est colonel de l'armée de terre et auteur du blog "Défense et sécurité" (http://chauvancy.blog.lemonde.fr).

Autres articles dans cette catégorie : Ukraine : et si la désescalade était possible ? »

Laissez un commentaire

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

Livres

événements et manifestations