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Ansaru, l'inquiétante excroissance de Boko Haram

  • Créé le 15-01-2014
  • Modifié le 06-02-2014
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Image extraite d'une vidéo publiée par le groupe Ansaru en novembre 2012 Image extraite d'une vidéo publiée par le groupe Ansaru en novembre 2012

« Mon gardien est entré pour faire ses ablutions, parce qu'ils n'avaient pas de salle de bain. Il ouvrait la porte, entrait, prenait les clés et refermait la porte, et il allait dans la salle de bain et refermait la porte. Ce jour-là, il a oublié de prendre les clés. J'ai donc très doucement ouvert la porte, j'ai vu qu'il y avait les clés bien à l'extérieur. […] Je suis sorti et je l'ai enfermé. »

Lorsque Francis Collomp raconte son évasion, on a presque envie de sourire de l'amateurisme de ses geôliers, la milice islamiste nigériane Ansaru, dissidence de Boko Haram. Et puis on se souvient de ces sept employés de la société libanaise de construction Setraco, enlevés dans le Nord du Nigeria en février 2013 et exécutés quasiment dans la foulée...

C'est en janvier 2012 que Ansaru fait scission avec Boko Haram, dont il rejette les attaques contre les « membres de la Oummah et les musulmans innocents » par voie de communiqué de presse. Cette déclaration de son leader Abu Usmatul al-Ansari révélait déjà une ambition et une stratégie très différente du groupe Boko Haram.

Ce dernier, lui, s'est originellement formé pour combattre les « mauvais musulmans » et réclamer une application plus stricte de la charia dans les États du Nord. Surtout, la secte s'enferme de plus en plus dans une lutte à mort contre l'armée nigériane, n'hésitant plus à s'en prendre à des civils soupçonnés de collaborer avec les autorités. Sans compter que les perspectives de Boko Haram, même vagues, n'ont jamais dépassé le cadre national et l'établissement d'un État islamique au Nigeria.

Par ailleurs, la secte – qui négocie souvent avec les autorités – voit dans les otages essentiellement une source de financement de leur combat et une monnaie d'échange, comme l'a montré la récente libération du père Vandenbeusch. « Le véritable ennemi de Boko Haram n'est pas la France. Ils ne sont pas, contrairement à Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), un groupe terroriste à visée internationale », explique Bertrand Monnet, professeur à l'Edhec.

Ansaru, en revanche, s'attaque aux intérêts des pays perçus comme « anti-musulmans » et l'enlèvement de Francis Collomp avait été motivé par la « position du gouvernement français et des Français vis-à-vis de l’islam et des musulmans ». Le groupe a été classé organisation terroriste par Washington le 13 novembre 2013. L'Avant-garde pour la Protection des Musulmans en Afrique noire (le nom officiel d'Ansaru) a d'ailleurs annoncé avoir déjà noué des contacts avec Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et le Mujao.

« Ansaru est beaucoup plus aligné sur l'idéologie Al-Qaida que Boko Haram. C'est un peu le pendant noir et africain d'Aqmi, qui est d'origine algérienne, arabe. [...] Francis Collomp a eu énormément de chance, c'est d'ailleurs le premier à être sorti vivant des griffes d'Ansaru », déclare même Marc-Antoine de Montclos, professeur à l'Institut français de géopolitique.

On soupçonne quelques-uns des membres d'Ansaru de s'être entraînés dans le Nord Mali, ce qui fait évidemment craindre, aujourd'hui, une jonction avec les milices terroristes qui y sévissent.

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Jihâd Gillon

Est journaliste à La Revue, un mensuel d'information généraliste.

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