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RDC : la rébellion M23 en passe d’être éradiquée ?

Rebelles du M23 à Bunagana (Nord-Kivu) en juillet 2012 Rebelles du M23 à Bunagana (Nord-Kivu) en juillet 2012 Crédit photo / Al Jazeera English

Des combats entre l’armée congolaise et le M23 – les plus violents depuis ceux d’août dernier – ont éclaté fin octobre à Kanyamahoro, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Après la prise de Kibumba, Kiwanja et Rutshuru ces derniers jours, les militaires congolais poursuivent leur progression. Ils sont entrés le mercredi 30 octobre dans la localité de Bunagana, près de la frontière ougandaise, capitale politique et économique du M23. Cette succession de victoires fait dire à Martin Kobler, le chef de la MONUSCO (Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC) que « le M23 est quasiment militairement fini ». Pour autant, la paix dans la région demeure plus que jamais fragile.

Le Mouvement du 23-mars, également appelé M23, est né d'une mutinerie de militaires congolais – pour la plupart tutsi – qui a éclaté début 2012. Il réclame que Kinshasa applique intégralement les engagements pris lors de l'accord de paix de 2009 passé avec une rébellion antérieure appuyée, selon les autorités congolaises, par le Rwanda.

Pour l'organisation de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch, le soutien de ce dernier au M23 est plus qu’évident. Selon Daniel Bekele, directeur de la division Afrique, « non seulement le Rwanda permet au M23 de se procurer des recrues et de l'équipement sur son territoire, mais les militaires rwandais continuent d'apporter un soutien direct à ce groupe qui commet des exactions. Ce soutien renforce un groupe armé qui est responsable de nombreux meurtres, viols et autres crimes graves ». Cette opinion est d’ailleurs largement partagée par les experts des Nations unies.

De plus, comme le souligne Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais, « Le M23 qui devait se démobiliser volontairement recrute et importe du Rwanda de la main d’œuvre militaire, y compris de nombreux enfants, pour attaquer l'armée gouvernementale. […] Il aligne une panoplie d'armes lourdes et même des chars de combat ».

Dans ce contexte, la communauté internationale, en particulier les États-Unis, apparaît plus que jamais mobilisée. Elle entend accroître la pression à la fois sur le président congolais Joseph Kabila et sur le mouvement rebelle dans le but de parvenir, coûte que coûte, à un accord dans les discussions de paix de Kampala.

Contre toute attente, pour Washington, longtemps perçu comme un allié du Rwanda, le règlement de la crise dans l’est de la RDC est devenu une priorité. Pour preuve, le nouvel envoyé spécial américain pour les Grands Lacs, Russ Feingold, s’est déjà rendu à deux reprises dans la région depuis septembre.

Pour la République démocratique du Congo, la priorité passe par le rétablissement de la bonne gouvernance au Kivu, la protection des Tutsis congolais mais aussi par le retour des réfugiés. Une fois le M23 éradiqué, la MONUSCO devra redoubler d’efforts pour juguler les tentatives de déstabilisation perpétrées notamment par les Hutus des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), mais également par le régime de Kampala, dont les experts estiment que la neutralité est de plus en plus mise à mal. L’Ouganda pourrait en effet favoriser l’ouverture d’un nouveau front plus au nord, avec la complicité d’un nouveau mouvement rebelle déjà connu sous le nom de « M18 ».

Enfin, n’oublions pas que le Rwanda ne peut se permettre de perdre l’accès au Nord Kivu. Il y a donc fort à parier qu’il ne laissera pas tomber ses alliés congolais, quitte à franchir la frontière en dépit de la pression internationale.

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Olivier d'Auzon

Est juriste, consultant auprès de la Banque africaine pour le développement, de la Banque mondiale ou encore de l'Union européenne. Il a participé à la rédaction de "L'Afrique des nouvelles convoitises" (Ellipses, 2011) et est l'auteur de plusieurs ouvrages juridiques.

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