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Charlie Hebdo : un attentat au coeur du sanctuaire national

François Hollande et Bernard Cazeneuve devant les locaux de Charlie Hebdo François Hollande et Bernard Cazeneuve devant les locaux de Charlie Hebdo Crédit photo / Meigneux/Sipa

Aujourd'hui, je pleure des confrères et toute la Nation pleure ses enfants tombés sous les balles de terroristes en plein coeur de Paris. Mais au-delà de l'émotion que suscite cet acte abominable en France et dans le reste du monde, il est dès à présent nécessaire de réfléchir aux suites à y donner.

Lors du débat sur le service militaire qui s'est déroulé le 27 novembre dernier à Clichy-La-Garenne, j'ai rappelé – en guise d'introduction – que la France était confrontée à des menaces multiples et que la défense du pays appartenait aux citoyens. La communauté de destin qui nous lie les uns aux autres passe donc inévitablement par une réflexion sur le rôle actif des Français dans l'appropriation de leur propre sécurité.

Le fait que la capitale soit frappée en plein jour montre qu'une armée de métier et la Police nationale, aussi compétentes et performantes soient-elles, ne suffisent pas à neutraliser totalement des individus déterminés et bien implantés dans la population. En effet, la surveillance de ces derniers mobilise des moyens techniques et humains conséquents qui dépassent ceux à la disposition des forces de l'ordre. L'État républicain doit, par conséquent, prendre conscience que le recours à la société civile pour renforcer ces dernières devient impératif.

Ce renfort en hommes ne devrait, en théorie, poser aucun problème puisque l'armée et la police peuvent puiser dans un vivier de réservistes. Malheureusement, force est de constater que la réserve militaire (excepté dans la Gendarmerie) ne va pas bien : réservistes démotivés par les tracasseries administratives, difficulté à trouver leur place au sein des armées, difficulté à sensibiliser les entreprises au rôle essentiel de leurs salariés réservistes dans la défense du pays, difficulté à mener une politique cohérente en matière de réserves au sein même du ministère de la Défense, contraintes financières...

Les hommes politiques, de tous bords, que j'ai pu rencontrer disent être conscients de tout cela. Et pourtant, rien ne change. Décrocher un engagement spécial dans la réserve (ESR) relève toujours du parcours du combattant, changer d'affectation ou renouveler un ESR nécessite une motivation à toute épreuve. Bref, la vie du réserviste n'est pas un long fleuve tranquille et nombreux sont ceux qui renoncent par lassitude. C'est dramatique pour la France : dramatique parce que nous perdons des compétences précieuses (y compris dans les services de renseignement), dramatique parce que les citoyens ne se sentent plus concernés par leur propre défense, dramatique parce que nous ne sommes pas loin d'atteindre un point d'irréversibilité.

En cette période troublée, la République a donc le devoir de protéger tous ses citoyens : ceux qui sont victimes ou peuvent être victimes de terrorisme, ceux qui peuvent être victimes de représailles du fait de leur appartenance ethnique et/ou religieuse avérée ou supposée. Et cette protection ne peut être assurée que par des forces encadrées par l'État.

Par ailleurs, l'école républicaine doit (r)éveiller les consciences et combattre sans faille les délires des prédicateurs de tous poils. Et au vu des messages abjects postés par certains de nos compatriotes sur les réseaux sociaux, les enseignants doivent être absolument soutenus pour faire reculer l'obscurantisme et former des citoyens éclairés.

Enfin, n'oublions pas que deux à trois assassins – déterminés, entraînés et sans pitié – sont toujours en cavale. Une pensée donc pour les policiers (et les gendarmes) sur le terrain qui sont à leur recherche et qui ont déjà payé un lourd tribut ce matin...

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Jean-Philippe Elie

est journaliste et auteur.

Secrétaire national (Front démocrate) à la défense et à la sécurité

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