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Interview du délégué aux réserves de la Gendarmerie nationale

Le général Danède, délégué aux réserves de la Gendarmerie Le général Danède, délégué aux réserves de la Gendarmerie Crédit photo / Défense citoyenne

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Les réservistes opérationnels peuvent, sous certaines conditions, obtenir la qualité d’agent de police judiciaire adjoint. En revanche, une habilitation OPJ est pour l’instant impossible. Est-ce envisageable de voir cela changer dans un futur proche, afin que les cadres réservistes puissent être employés dans des missions plus complexes ?

Cela fait partie des objectifs. La Gendarmerie compte dans ses rangs environ 26 000 officiers de police judiciaire. Le fait d’avoir des réservistes OPJ peut donc être une bonne chose. Toutefois, s’il s’agit d’être OPJ pour mettre simplement des timbres amende sur le bord de la route, ce n’est pas très intéressant. Il faut qu’il y ait un véritable intérêt.

Vous avez dirigé le COMGEND de Guyane, un département où la délinquance est très importante. Des réservistes opérationnels sont-ils actuellement engagés dans des missions difficiles, comme la lutte contre l’orpaillage illégal ?

Lorsque j’étais en Guyane, j’ai commencé à recruter des réservistes, entre 18 et 20. C’était à l’état embryonnaire. Et je les employais relativement peu sur le terrain pour une raison simple : je disposais de personnels d'active compétents. Les réservistes faisaient surtout de la formation, dans le cadre de l’égalité des chances, auprès de jeunes souhaitant passer les concours d’entrée en Gendarmerie.

Aujourd’hui, le nouveau COMGEND dispose d’un effectif d’environ 180 réservistes qui participent au travail sur le terrain. Il arme plus particulièrement des piroguiers, c’est-à-dire des gens du crû qui connaissent les fleuves et qui ont été pris comme réservistes pour pouvoir accompagner les gendarmes entre autres sur les missions de lutte contre l’orpaillage illégal. Cet effectif va passer à 220 ou 230, cela participera au recrutement et à la formation de futurs gendarmes d’active.

J’ai effectivement vu que 17% des réservistes intégraient la gendarmerie en tant que militaires d’active...

Actuellement, entre 17 et 20% des gendarmes en école de sous-officiers sont originaires de la réserve. Pourquoi ? Parce que nos réservistes sont très bons (bac+2 en moyenne) et qu’ils sont motivés par leur travail au sein des unités.

Quels profils sont recherchés par la Gendarmerie ?

Il n’y a pas de profils particuliers. Ce qui compte, c’est que le candidat soit de bonne moralité, en bonne condition physique, bien entendu volontaire et stable sur le plan psychologique. Depuis cette année, nous faisons passer aux réservistes les mêmes tests que ceux proposés aux personnes souhaitant devenir gendarme d’active. Ensuite nous les formons et nous voyons ce qu’ils sont capables de faire. L’institution Gendarmerie est d’ailleurs l’une des dernières institutions françaises où l’on peut rentrer comme gendarme adjoint volontaire et terminer général quatre étoiles.

Vous avez des réservistes en Opex ?

Aucun. Le dernier était un capitaine envoyé en Afghanistan et qui est rentré en février 2011. Nous n’envoyons plus personne en Opex, parce que cela coûte excessivement cher. De plus, nous disposons de ce qu’on appelle un Gopex, c’est-à-dire des gendarmes – officiers comme sous-officiers – qui sont rattachés au commandement de la Gendarmerie d’outre-mer et formés pour partir en Opex.

Nous sommes actuellement dans une phase de restrictions budgétaires importantes pour les armées et la Gendarmerie. Avez-vous réussi à gérer les contraintes budgétaires sans que cela mette en danger le contrat opérationnel qui vous a été fixé ?

Le problème est très simple et tout est question d’équilibre. Pour qu’un réserviste soit intéressé et intéressant pour l’institution, il doit faire a minima vingt jours par an. Nous étions sur ce portage en 2012. Cette année, nous sommes à peu près sur seize jours. Vous voyez bien que nous commençons à être sur le fil du rasoir : à un moment donné, nous ne serons plus attractifs parce que, d’une part, nous ne proposerons pas assez d’activités pour nos réservistes, d’autre part l’employeur – l’unité opérationnelle – ne voudra pas s’investir dans la recherche de réservistes par manque de rentabilité. On n’investit pas cent euros pour en gagner cinquante.

Il faudra bien, un jour, se poser la vraie question : doit-on faire un autre type de réserve ? Ce ne sera plus une réserve d’emploi, mais simplement une réserve qui maintiendra le lien armées-nation.

L’avancement des personnels a-t-il été impacté par les difficultés financières ?

Non. Parce que notre réserve est bien pyramidée. Nous avons établi un plan de déploiement et de montée en puissance entre le moment où nous avons créé notre réserve et l’objectif 2015 à 40 000 personnels. Nous nous éloignons de ce dernier pour 2015 ; il sera peut-être atteint en 2020 ou peut-être jamais. Mais en fin de compte, il faut toujours avoir des objectifs positifs.

Nous dressons tous les ans le tableau des effectifs de la réserve opérationnelle (TERO), qui suit un pyramidage très précis correspondant à nos besoins et à notre encadrement. Tout le monde est bien réparti sur le terrain.

L’avancement ne présente pas de problèmes particuliers. Selon les catégories de personnels, il va plus ou moins vite. Par exemple, l’avancement des colonels n’est pas un gros tableau. Chaque année, entre sept et dix réservistes sont promus colonels, ce qui est bien. Mais cela demande beaucoup d’attention et un réglage fin, notamment parce que l’avancement est perçu par les intéressés comme étant une récompense, alors que ce ne l’est pas. C’est la reconnaissance d’un besoin.


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Jean-Philippe Elie

est journaliste et auteur.

Secrétaire national (Front démocrate) à la défense et à la sécurité

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